mardi 21 août 2012

Ne pas avoir la peau du paysan !

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/20/bouh-le-face-kini-fait-fureur-sur-les-plages-de-chine/#xtor=RSS-3208

BOUH ! – Le face-kini fait fureur sur les plages de Chine


AFP
Une fan de Kick-Ass ? Non, la dernière tendance estivale en Chine. Une série de photos prises la semaine dernière par l'AFP sur la plage très courue de Qingdao, dans le nord-est de la province de Shandong, témoigne de la persistance d'un sentiment ancien en Chine, comme dans de nombreux autres pays : la terreur du bronzage.
De plus en plus de Chinois attirés par les plages du pays du Milieu arpentent désormais le sable chaud engoncés dans un accoutrement des plus déconcertants pour les vacanciers occidentaux en manque d'UV : une combinaison intégrale pour le corps complétée par un masque de protection, rebaptisé "face-kinis" par des internautes chinois. L'objectif ? ne pas bronzer, tout simplement.
En Asie, comme dans d'autres régions du monde, et naguère en Europe, le teint hâlé n'est guère valorisé. Loin d'être le gracieux témoignage de vos vacances luxueuses à la Barbade, il demeure le stigmate historique de la paysannerie, et est donc rarement prisé par les gens de bonne famille.
Commentaires à BOUH ! – Le face-kini fait fureur sur les plages de Chine
  1. Étonnant !
    Cependant, que doivent-ils penser de nos cabines à UV (plus dangereuses pour la santé que ne le sont leurs cagoules) ?
    • En effet, ça nous surprend mais c’est autrement efficace contre le mélanome que la crème de protection indiquant un indice 50!
      Rédigé par : Gnieu | le 20 août 2012 à 18:19 | Répondre | Alerter |
      • En fait, c’est plus pour cette raison qu’ils se recouvrent que celle donnée par l’article. En effet, la peau des asiatiques (en général) est plus susceptible d’engendrer des « taches » un peu partout après des expositions au soleil régulières. Les japonais par exemple (à part certains dans les jeunes générations) ne vont pas à la plage habituellement et utilisent régulièrement ombrelles pour se protéger du soleil (même en ville).
        Rédigé par : Legatus | le 20 août 2012 à 18:29 | Répondre | Alerter |
        • peut-être pas dans un pays riche comme le Japon, mais en Chine la principale raison pour laquelle on préfère éviter le bronzage est bien la relation faite avec le statut paysan.
          Il suffit de se promener en Chine pour voir qu’effectivement, cela correspond à une réalité : les paysans ont un teint rougeaud à force de travailler dehors, que n’ont pas en général les citadins, et évidemment pas les cols blancs.
          Rédigé par : duong | le 20 août 2012 à 19:29 | Répondre | Alerter |
          • Legatus a raison, en Chine aussi la principale raison est médicale.
            Sauf peut-être dans certaines régions très reculées culturellement.
            Rédigé par : Yu-Kin | le 20 août 2012 à 19:45 | | Alerter |
          • Non, cher Duong, il n’y a pas de raison médicale, mais bien une obsession de ne pas ressembler à ces « ploucs » de paysans que les gens des villes méprisent au delà de toute imagination. C’est valable en Chine, mais dans l’ensemble de l’Asie, où les gens se cachent le visage, les bras, arrêtent les motos à l’ombre au feu, et dépensent des fortunes en produits blanchissants pour la peau…
            Jamais, depuis que je vis en Asie, depuis bien des années, je n’ai entendu personne soulever ce motif médical qui est, lui, l’obsession des Australiens et Néo-Zélandais.
            Rédigé par : Korrigan | le 21 août 2012 à 11:33 | | Alerter |
          • Je confirme qu’au Japon il y a bien un reste de cette vieille habitude comme quoi le bronzage c’est la marque des paysans, inakamon, et en plus l’idée que ça fait ressembler au gens du sud-est asiatique méprisés. L’idéal de beauté pour les femmes de l’époque ancienne était la peau la plus blanche possible.
            Le mouvement en sens totalement inverse des gangurohttp://en.wikipedia.org/wiki/Ganguro est un mouvement de rébellion contre les normes sociales, qui peut sembler très soft car il n’y a a apparemment aucune violence physique ou verbale, mais en réalité prend très violemment à rebrousse poil ces normes (parfois aussi sur l’aspect de la sexualité). Les gens bien comme il faut méprisent les ganguro qui agissent en fait volontairement pour s’opposer au conventionnalisme qu’ils représentent.
            Rédigé par : jmdesp | le 21 août 2012 à 14:38 | | Alerter |
        • Il est en effet curieux de croiser, lors de randonnées en montagne, des japonais qui fuient le soleil, avec chapeaux aux larges bords, ombrelles (ou parapluies) manches longues et gants !
          Rédigé par : BRO | le 20 août 2012 à 22:16 | Répondre | Alerter |
        • Mais bien sur… Et les Chinois qui se « traitent » entre eux de Philippins dès que l’un de leurs potes revient bronzé de vacances ou de la plage c’est pour des raisons de santé??
          En plus de la marque sociale extrèmement pesante que la peau bronzée confère en Chine, s’ajoute un racisme ordinaire pour les Asiatiques du Sud Est.
          Rédigé par : krunch | le 21 août 2012 à 03:20 | Répondre | Alerter |
          • pas étonnant, même les asiat du sud est(Thaïlande, Malaisie…) veulent la blancheur à tout prix alors que la plupart ont un teint agréable(et non le teint brulé de « plouc » comme ceux qui travaillent dehors) avant toute raison médicale c’est pour ressembler aux occidentaux, allez dans un magasin 95% des produits, maquillages, crèmes, gel douches… c’est du blanchissant!
            Rédigé par : Loco | le 21 août 2012 à 07:46 | | Alerter |
          • Pas sûr que ce soit vraiment pour ressembler aux occidentaux, la tradition était déjà là avant que l’occident n’arrive en asie. Le bronzage c’est le signe des travailleurs, du peuple, même en occident, bien que là les valeurs se sont renversées dans les années 60.
            Et même fortement renversés, un De Villepin avec son bronzage au milieu de l’hiver était dans une logique d’étaler faire partie d’une classe sociale pour laquelle grimper dans un avion pour les tropiques est comme grimper dans le bus pour le vulgum pecus.
            Rédigé par : jmdesp | le 21 août 2012 à 14:46 | | Alerter |

dimanche 19 août 2012

L'érotisme au service de l'apprentissage du chinois

Article reproduit du http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/08/14/nsfw-des-mannequins-denudes-dispensent-des-cours-de-chinois-en-ligne/


NSFW – Des mannequins dénudés dispensent des cours de chinois en ligne

Wendy et son amie se caressent. Enlacées, alanguies, les deux jeunes femmes en lingerie noire échangent des regards brûlants. L'une d'elles, soudain, s'interrompt."Quelle heure est-il ?" articule-t-elle, inquiète, la moue un rien boudeuse. "Environ midi", lui répond Wendy. "Je veux partir. Mon mari attend", conclut la belle amazone.


Diffusé par le site sexymandarin.com, ce clip n'est pas extrait d'un film érotique. Wendy et sa maîtresse sont des "professeures", mises en scène pour rendre plus attrayante la langue de Confucius. Comme elles, leurs collègues Bamboo, Kiki, Tina et Candice, sont des mannequins originaires de République populaire ou de Taïwan. Débauchées par le site, elles sont censées "enseigner" le chinois aux novices à grand renfort de balconnet et poses suggestives.
Grâce à la cambrure de Tiffany et aux réflexions pseudo-pédagogique de Mr Fung, les internautes peuvent ainsi  espérer apprendre à commander un plat, demander un numéro de téléphone ou exprimer leur soif. Les plus téméraires se plongeront dans le vocabulaire inspiré par une scène de lavage de voiture en mini-short. "Je vous promets que vous vous souviendrez de chaque leçon", assure une blonde aux yeux bleus dans des vidéos promotionnelles.
Lancé en décembre 2011 à l'initiative de Kaoru Kikuchi, une Japonaise diplômée en architecture de l'université de Nottingham, le site a déjà séduit plus de 10 000 "étudiants", selon Jeune Afrique"Moi aussi, j'aurais bien aimé apprendre le mandarin en regardant des vidéos sexy plutôt que dans des livres remplis de centaines de caractères, assure la conceptrice, interrogée par le magazine. C'est une langue incroyablement difficile. Il y a très peu de livres disponibles et ils sont terriblement ennuyeux."
Depuis 2004, 350 instituts Confucius ont essaimé à travers le monde, disposant d'un quasi-monopole dans l'enseignement du mandarin. Mais se familiariser avec la langue "tient de la tâche herculéenne", selon Mick Gleissner, un Allemand installé à Hongkong qui produit les vidéos diffusées sur le site.  "Si vous voulez apprendre le piano et que vous essayez de jouer Chopin, vous allez évidemment abandonner. Mais si vous voyez un enfant essayer de jouer des chansons, vous vous direz 'Ça a l'air facile et marrant'", explique-t-il au Daily Telegraph.
Les féministes chinoises ne partagent évidemment pas cet enthousiasme. Annie Chan, présidente d'une association de défense des droits des femmes interrogée par le South China Morning Post, accuse le site de "vendre des services sexuels sous prétexte de donner des cours de langue". Sexymandarin "cherche de toute évidence à profiter des stéréotypes occidentaux sur les femmes chinoises", dit-elle.
Kaoru Kikuchi s'en amuse. Elle prévoit d'exporter son site en Europe et travaillerait sur une version en français.